Image à la une : Vue générale de la Médina de Fès, depuis les Mérinides. Vers 1955
Un touriste qui venait de passer le mois de mai 1951 à Fès raconte à un journaliste de l’hebdomadaire Maroc-Monde qu’au cours de ce séjour il venait d’en apprendre plus sur l’histoire et la vie marocaines qu’en dix ans de recherches.
Je ne suis pas certain de l’existence de ce touriste mais cette rencontre est l’occasion pour Maroc-Monde, journal pourtant casablancais ! de publier un article particulièrement élogieux sur les Amis de Fès. Ces conférences ou conférences-promenades ont réellement eu lieu en mai 1951. Lors de mes recherches des conférences des Amis de Fès, j’ai trouvé toutes celles évoquées dans Maroc-Monde ; je donnerai au fil de l’article (mis sous forme de citations) les informations publiées dans le Courrier du Maroc – journal quotidien du Nord marocain – pour annoncer ou rendre compte de ces conférences. J’indiquerai, lorsqu’il existe, le lien vers les textes des conférences publiés sur mon blog.
Le journaliste S.G. (seules les initiales sont mentionnées) rapporte ainsi les échanges avec ce visiteur de Fès :
« Et comment cela ? lui dis-je, un peu sceptique, indiquez-m’en le secret »
– Arrivé le dimanche 29 avril, j’appris, à l’hôtel où j’étais descendu, que l’après-midi, il y avait une visite dirigée du quartier des Andalous. Je me fis indiquer le lieu de rendez-vous, et là, je trouvai un groupe fort sympathique de Français et de Marocains. Très disert, le conférencier nous mena sur l’emplacement du berceau de Fès, à l’endroit même où Moulay Idriss, son fondateur, avait planté sa tente, nous conduisit auprès de différents tombeaux de saints, en nous racontant leur vie, nous fit l’historique d’une grande mosquée, nous montra l’une des plus belles médersas en la situant dans son époque ; bref, un survol de douze siècles, grâce à l’histoire et à l’hagiographie et cela tout en visitant les lieux-mêmes.
« Et tout ce pèlerinage, sur vos jambes ? » ajoutai-je pour freiner son enthousiasme.
– Détrompez-vous : la visite commencée fut coupée en deux par une réception dans une de ces magnifiques demeures fassies. Mollement allongés sur des matelas, nous dégustâmes thé et pâtisseries arabes ; puis de la terrasse, nous pûmes admirer la cascade des maisons d’où jaillissent les minarets, la ceinture verte des jardins. Vraiment, c’était inespéré. Pour moi, nous autres touristes, nous côtoyons des murs gris, sans jamais soupçonner les richesses et les raffinements de civilisation qu’abritent leurs pans lézardés.
« Il est certain qu’un nouveau venu n’y pénètre pas d’emblée, mais rien ne vous empêche d’aller flâner seul dans une médina ».
– Ah ! Vous croyez ! Eh bien j’ai voulu retourner à la médersa Sahrij. Il me fallait aller chercher une autorisation je ne sais où, si bien que j’y ai renoncé, ne voulant pas gâcher ma première impression par des formalités agaçantes pour un promeneur. Et d’ailleurs, personne n’aurait fait revivre pour moi cette œuvre d’art avec la même compétence et la même flamme, comme au cours de la conférence-promenade à laquelle j’ai eu le bonheur d’assister » *
* Annonce de la conférence-promenade dans le Courrier du Maroc du dimanche 29 avril 1951
Maurice Nény qui nous présenta l’an dernier les vénérables mausolées du cimetière de Bab Ftouh, nous conduira, cet après-midi, à travers les quartiers du Keddan, et de Guerouaoua sur l’emplacement de la première Fès, et devant le tombeau de Sidi Bou Jida, la zaouïa de Sidi Bou Mediane et la mosquée des Andalous.
Au cours d’une réception chez Si Skounti Mendjera, au derb Knit, il fera l’historique de la Rive des Andalous, présentera un des aspects panoramiques de la ville les moins connus, et signera sa conférence sur les Bédouins.
Rendez-vous à Bab Ftouh à 15 heures.
Sous le titre « Saints et traditions des quartiers de l’Adoua » le Courrier du Maroc rend compte de la conférence le 1er mai 1951.
Une intéressante conférence-promenade des Amis de Fès, nous a fait avant-hier parcourir ces quartiers de l’Adoua (la rive) où la Médina de Fès naquit et prospéra à partir de 814, date de fondation de la plus vieille porte de Fès, Bab Kibla.
C’est l’érudit animateur des Amis de Fès, M. Nény, qui a servi de guide et de chroniqueur dans cette promenade à travers le temps et l’espace et la nombreuse affluence qui l’accompagnait a pu emporter de cette excursion dans le vieux Fès, des connaissances documentaires que nous serons heureux de voir éditer quelque jour. On nous annonce en effet, et excusez cette digression qui a beaucoup d’intérêt, que les Amis de Fès vont s’occuper désormais de faire reproduire en polycopie ces conférences (à l’exemple de celle de M. Godbarge – L’eau à Fès -), le prix de cent francs, vraiment modique, permet, à partir d’un certain écoulement, d’en couvrir les frais.
Le groupe nombreux, parti de Bab Ftouh visitait d’abord le très beau mausolée, fort connu, de Sidi Ali el Hajem, ce cadi de grand savoir, (qui sert de patron à la corporation des barbiers) et célèbre par sa légende de multiplication du couscous, ayant pu rassasier, avec un simple plat, la foule des adeptes qui l’avaient suivi, alors qu’invité chez un notable, il n’avait pas voulu que celui-ci fut humilié devant cette affluence d’invités inattendus.
Avec lui est enterré dans ce mausolée le fakir Si Hadj Ahmed Messaoud el Marrakchi.
Avant d’aller à Bab Sidi Bou Jida où l’on évoquait le Seid Bou Jida, qui introduisit le malékisme au Maroc (967 de l’Hégire) et fut quelque peu misogyne puisqu’il est à l’origine de la séparation des femmes des hommes dans la vie publique, on avait admiré dans la rue des Andalous la mosquée An Nouar, où Nény nous déclarait qu’il est à peu près certain que sous le règne des Idrissites, et jusqu’à l’arrivée des réformateurs Almoravides, la première Médina, celle de l’Adoua (rive droite) fut une cité cosmopolite abritant de nombreux infidèles, tandis que par la suite, la rive gauche Qairouanaise, fut conquise sur la broussaille et abrita uniquement des immigrants en particulier réfugiés de Kairouan et des Juifs (au fondouk el Youdi).
La mosquée des Andalous rappelle, on le sait, le premier peuplement espagnol, 800 familles de Cordoue réfugiées à la suite de la révolte cordouane contre l’omeyade El Hakem. Elle date de 860 et fut construite par Mériyem, la fille de Mohamed ben Abdallah el Fihri, troisième successeur de Moulay Idriss, l’autre fille du notable, Lalla Fathma, fonda, on le sait, la Qaraouiyine.
À Sidi Bou Mediane, M. Nény évoquait le célèbre cheikh qui enseigna la charia, et dont les disciples furent si nombreux et vénérés qu’on appela Sidi Bou Mediane, le père des saints.
À Sidi Ali Djamal, la mémoire du « Saint Christophe » du Moghreb fut évoquée, Sidi Ali Djamal est en effet celui qui assure la sécurité des voyageurs, il assura en tous cas sa propre sécurité, car il mourut dans un grand âge, à 105 ans (non garanti par l’état civil !) en 1194 de l’Hégire.
Enfin, à la vieille médersa Sahrij, visitée après Sbayn, M. Bressolette faisait un dernier exposé, et cette fois sur les médersas de Fès qu’il connaît admirablement.
Un thé chez Si Skounti Mendjera clôturait dans l’atmosphère d’une réception princière cette promenade à travers les siècles et les quartiers d’une Médina à la renommée opulente, et du haut de la terrasse de ce palais on put embrasser dans un vaste tour d’horizon, ces quartiers de l’Oued Zitoune, dont le site, imbriqué de jardins verdoyants et de vieilles murailles, est plein de prestige.
Sur la mosquée des Andalous voir La Mosquée des Andalous

Marabout de Sidi Ali Boughaleb. Photo de 1905
En veine de confidence, notre touriste nous raconta comment quelques jours après, tandis qu’au coucher du soleil, il admirait de la terrasse des Mérinides le splendide panorama de la ville arabe étalée à ses pieds, un autre conférencier vint dérouler pour un groupe de touristes l’histoire de cette métropole avec ses trois villes, la ville nouvelle de Lyautey, la ville mérinide de Fès-Jdid et la médina de Moulay Idriss. « Présentée par un guide compétent, souligna-t-il, cette énorme agglomération prend vie, l’auditeur pénètre dans son passé, se familiarise avec ses traditions, ses coutumes, son évolution. Quelle différence avec les « guides » ordinaires qui vous racontent des histoires invraisemblables, et n’ont qu’un désir, vous amener chez le marchand de leur choix et vous forcer la main pour toucher leurs commissions sur l’achat ! » **
** Je pense que le « touriste » a dû assister à l’une des visites organisées, à l’occasion, par les Amis de Fès pour les visiteurs extérieurs ou les caravanes touristiques : conférenciers et membres du bureau sont disponibles pour faire découvrir la ville et faire connaître son histoire. En mai 1951 se tenait la onzième foire de la ville de Fès, il est possible que des exposants ou des organisateurs aient bénéficié d’une conférence depuis la terrasse des Mérinides.
Le vendredi 11 mai, il se mêlait à la foule franco-marocaine pour entendre, au cinéma Rex, un conférencier de choix feuilleter « les pages ignorées de l’histoire de Fès ». « Savez-vous, me dit-il, que cette communication de déparerait pas les Actes d’un congrès de Sociétés savantes ? » Quand il m’en eut nommé l’auteur, je souris de sa naïveté car cet érudit est bien connu dans toute l’Afrique du Nord pour la solidité de ses ouvrages historiques, mais l’enthousiasme de mon ami me plaisait.***
*** Annonce de la conférence « En feuilletant les pages ignorées de l’histoire de Fès » et présentation du conférencier dans le Courrier du Maroc quelques jours avant la conférence du Rex.
La personnalité du R.P. Koehler est une de celles qu’il est superflu de présenter aux Amis de Fès. Attelé dès la première heure à la grande œuvre marocaine, il appartient à la phalange de ces hommes de foi et de caractère qui, par leur action persévérante et leur exemple, ont porté très haut le prestige de la France, ont modelé le visage nouveau d’un pays, aiguillé désormais et par eux, sur la voie des grands destins.
Curé de la paroisse Saint-François pendant de longues années, il a laissé aux habitants de Fès, le souvenir d’un ecclésiastique racé, d’un pasteur de très noble allure, d’un Monsieur. Mais le R.P. Koehler n’est pas seulement un homme, un Français et un prêtre, hors de la commune mesure, c’est aussi un chercheur, un chercheur qui s’est notamment passionné pour l’histoire de ce Maroc, à qui il a consacré son labeur et sa vie.
Il a bien voulu entrouvrir pour nous les cahiers dans lesquels il a consigné depuis quarante ans ses observations et ses recherches et il nous invite à feuilleter avec lui, vendredi prochain, 11 mai à 18h30 au cinéma Rex, les pages ignorées de l’histoire de Fès.
Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées
Voir également Au temps où la kasbah des Cherarda était une prison et l’aumônerie franciscaine. avec une partie du texte du R.P. Koehler sur les pages ignorées de l’histoire de Fès.
Ce fut bien autre chose quand il me raconta l’après-midi du lundi 14 mai et du dimanche suivant : « Deux manifestations aussi différentes que possible l’une de l’autre, précisa-t-il. Mais toutes deux également réussies : en ce lundi de Pentecôte, cent cinquante auditeurs étaient groupés sur la haute terrasse d’un palais dominant d’autres palais et des jardins, pour célébrer le millénaire d’Avicenne. Tour à tour fut évoqué le médecin et le philosophe-poète, puis un orchestre andalou, créa par ses airs une ambiance digne des califes de Bagdad, tandis qu’une fois de plus, nous nous rafraîchissions la bouche et les yeux dans ce cadre unique de verdure grâce à l’hospitalité fassie. ****
**** Annonce de la conférence sur Avicenne. Courrier du Maroc du 14 mai 1951.
C’est cet après-midi, à 16 heures, au Dar El Mokri que Monsieur Sallefranque et le docteur Boucetta nous présenteront Avicenne, médecin et philosophe, qui vécut à Hamadan, la vieille et célèbre Ecbatane d’Alexandre, sous les califes abassides, porta très haut la renommée de la culture arabe en son temps, et malgré sa science profonde, mourut d’une intempestive maladie d’estomac à 57 ans.
Rendez-vous à 15h30, place du Batha. Les automobiles peuvent parvenir au Dar El Mokri en empruntant la porte donnant accès à la rue qui longe l’immeuble du pacha Tazi.
Le lendemain 15 mai, sous la signature de Michel Kamm, le Courrier du Maroc relatait la conférence.


J’ai les textes complets de ces deux conférences, textes que j’ai publiés dans le tome 3 des Conférences des Amis de Fès ; je les mettrai prochainement sur le blog.
À cette fête citadine, succédait une réjouissance champêtre le dimanche suivant. Le cadre en était un jardin de la banlieue de Fès : sur des tapis, dont les couleurs rivalisaient avec la fraîcheur multicolore des fleurs printanières, nous entendîmes une causerie, puis nous assistâmes à des danses folkloriques, que vous appeler « haïdous » je crois. J’ai compris la poésie du Maroc. *****
*****Visite à Sidi Bettar
Annonce et compte rendu de la conférence dans le Courrier du Maroc, la « réjouissance champêtre » dont parle notre touriste
Dimanche prochain 20 mai à 16 heures visite sous la conduite de Si El Haddi Skali, qui nous exposera la biographie de Sidi Bettar, devant son tombeau élevé au Jenan Moulay Ben Nasseur, propriété de nos grands amis Moulay Younès et Moulay Mustapha, fils du sultan Moulay Hafid, situé aux environs du kilomètre 5 de la route de Ben Souda. Des danses haïdous et un orchestre andalou rehausseront l’éclat de cette manifestation. Un car de luxe Mohamed Lahlou stationnera jusqu’à 15h15 au parking du marché. Dans la limite des places disponibles les inscriptions seront prises chez M. Jospin, droguiste boulevard Poeymirau. Prix de la place aller et retour 50 francs.
Compte rendu du 21 mai. Les Amis de Fès en très grand nombre se sont rendus hier après-midi, en empruntant tous les moyens de locomotion (voitures, car, bicyclettes, il y avait même un cavalier de fière allure) à Jenan Moulay Ben Nasseur où le sympathique Si El Haddi Skali présentait Sidi Bettar, marabout qu’honorent grandement les populations de la banlieue ouest de Fès.
Dans une attrayante allocution, Sidi El Haddi Skali a retracé les circonstances dans lesquelles le Saint a été retrouvé, et quelques épisodes curieux de la révélation de son pouvoir. Les danses berbères haïdous, exécutées au son de la ghaïta et du bandir par un groupe pittoresque d’hommes et de femmes, du voisinage du quartier Dokarrat, sur un rythme prenant, ont charmé l’auditoire. En alternance s’élevaient les mélodies nostalgiques que l’orchestre « Amor » et le chanteur Chanki, bien connus des Fassis, savent tirer de leurs précieux instruments.
Sur la visite à Sidi Bettar voir également Sidi Bettar, le texte de la conférence prononcée par Si Lahdi Skali
« Il faut reconnaître que vous avez été gâté pendant votre séjour, mais tous ces divertissement ont dû vous coûter horriblement cher !«
– Erreur ! En qualité d’hôte de passage, je fus invité partout gracieusement ; honteux de tant d’attention je voulus témoigner ma reconnaissance à ce groupe si accueillant. J’y adhérai et acquittai ma cotisation qui s’élevait, tenez-vous bien, à la somme formidable de trois cent francs par an ; j’ai entendu cinq exposés différents, j’ai assisté à des danses berbères, j’ai savouré les airs d’un orchestre andalou, et trois fois, j’ai été régalé de thé à la menthe, avec des pâtisseries arabes. Où trouver pareille aubaine ailleurs qu’à Fès ? et le même mois ? »
« Je sais maintenant, lui dis-je, le nom de ce groupement ; inutile de le nommer : ce ne peut être que les Amis de Fès. »
– Exactement ! Quelle chance ont les Fassis d’avoir un groupe jeune, aussi actif, aussi vivant ! Comme la visite des autres villes serait plus attachante encore si on y trouvait les mêmes ressources ! ».

Vue générale de la médina de Fès
Qu’aurait dit notre ami, il avait su que cette association, depuis près de 20 ans, s’attache à faire connaître et aimer cette ville, dont elle porte le nom et qu’au cours de la saison qui s’achève, elle n’a pas donné moins de vingt huit manifestations toutes suivies par ses fidèles, avec le même intérêt. Et les archives conservent les résultats de tous ces travaux, tandis que le comité de vulgarisation publie désormais chaque année les plus intéressantes de ces recherches.
Fassis, soyez fiers de vos Amis de Fès !
Je conclurai en rappelant cet article du Rekkas – Michel Kamm père – en avril 1938, dans le Courrier du Maroc, évoquant l’association « Les Amis de Fès » : L’activité et la formule du nouveau groupement fasi « Les Amis de Fès » sont venues combler dans la vie intellectuelle de notre capitale du Nord une vraie lacune. Certains concurrents qui parlent de Fès avec envie, l’appellent la vieille capitale ou l’antique capitale, comme si la ville était à demi morte, d’autres n’en connaissent que la ville nouvelle, ce qui n’est guère ; mais tous, s’ils sont de bonne foi, ne discutent pas le fait qu’elle est restée la capitale religieuse, la capitale de l’Intelligence et du Savoir… Alors qu’est-ce qui matérialisait pour la plupart d’entre nous cette primauté du spirituel ? Qu’est-ce qui les instruisait de l’énorme fonds historique dont tant de monuments épars, de traditions et de documents traduits, ne semblaient réservés qu’aux savants ? Quel avantage tout cela pour le public moyen, les promeneurs du dimanche, les curieux, les inoccupés, les artistes de passage, les étudiants ? Désormais tout un chacun en s’affiliant pour une somme insignifiante au groupe « Les Amis de Fès » va pouvoir s’intégrer dans les milieux de la pensée et de la spiritualité fassie ; le groupe lui épargne même la difficulté ou la gêne de choisir le genre de documentation ou d’études, car son programme très complet et très souple suit comme une arabesque harmonieuse le déroulement du temps et des saisons, et en varie le propos au gré de notre plaisir.
Les Amis de Fès ont poursuivi leur activité jusqu’en 1956 et leur dissolution a été officialisée en janvier 1960.